Brebis et Berger
Au choix
Quand Jésus raconte une parabole, il invite ses auditeurs à se mettre dans la peau des différents personnages de sa parabole, pour comprendre en quoi cette parabole parle de nous.
Quels sont les différents personnages ?
Le berger et ou les brebis ? Le berger et ou le mercenaire ? Le Bon Pasteur et ou le loup ?
Quel personnage aimerions-nous être ou quel personnage sommes-nous généralement ?
Il est sûr que nous sommes pour la vertu. Il est sûr que nous souhaitons l’appréciation des autres. Donc nous préférons le bien paraître au rejet. Et nous aimerions être les bons personnages. Mais dans la réalité, dans notre réalité, qui sommes-nous et pourquoi le sommes-nous individuellement et collectivement, personnellement et communautairement ?
Puisque nous sommes tous ces personnages et en quelque sorte nous le sommes selon les circonstances, cette parabole parle de nous, en quoi et pourquoi ?
Quand je suis…
L’étiquette du Bon Pasteur, dans la Bible, colle à Dieu. Et quand Jésus se dit le Bon Pasteur
Il affirme sa divinité. Il se dit Dieu. Ce qui n’est pas vraiment notre cas.
Si à l’opposé nous sommes le loup ? Ce n’est pas très honorable, mais il nous faut bien reconnaître que parfois nous sommes dangereux, voraces et mangeurs de prochain. Manger son prochain a deux sens opposés : je t’aime tellement que je te mangerais, c’est dire son amour pour quelqu’un, mais manger du prochain, manger son prochain, ne pas digérer son prochain, c’est le haïr. C’est loin du bon berger, et c’est proche du mercenaire.
Nous sommes parfois des mercenaires. Nous travaillons pour l’argent. Nous aimons bien être payés pour ce que nous faisons et c’est bien normal. Mais quand nous n’aimons pas ce que nous faisons, quand nous n’aimons pas les personnes qui nous sont confiées, ce qui nous fait être et agir c’est purement l’argent. La relation n’existe pas. Les autres n’existent pas.
Si je me mets dans la peau du berger, du bon berger, je suis la personne qui aime ce qu’elle fait, qui aime les personnes pour qui elle le fait, et elle le fait avec plaisir. Si bien que les personnes rejointes par moi vont dire que je suis beau et bon. Quand on se mérite ces étiquettes c’est parce que, comme le bon berger, nous sommes attentifs aux autres, nous leur sommes prévenants et dévoués, très dévoués. Nous les connaissons bien, elles ont un nom pour nous, la relation est belle entre nous. Nous nous connaissons mutuellement, nous nous reconnaissons mutuellement.
Nous naissons ensemble, con-naître : naître avec. Nous nous apprécions et reconnaissons mutuellement, et ça se sent: re-con-naître. Nous sommes prêts à nous sacrifier, à nous donner pour les autres et réciproquement. Bien plus, comme Jésus a dit « je donne ma vie pour mes brebis…et j’ai encore bien d’autres brebis à conduire, à garder, à prendre soin. »
Quand notre amitié, quand nos amitiés non seulement nous font grandir mutuellement, mais en plus nous aident à en faire grandir, naître et reconnaître d’autres, alors nous sommes des bergers à la manière de Jésus. Quand, comme le Bon Pasteur, nous sommes prêts à donner notre vie pour l’autre, pour les autres, nous sommes des disciples de Jésus et Jésus se reconnaît en nous et les autres reconnaissent en nous les disciples de Jésus.
Yves Gazeau
Article paru le 3 mai 2009
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