Joyeuses crises pascales !
Je vous invite à me suivre en prenant en main l'évangile d'aujourd'hui. Peut-être que nous ne sommes pas devant un récit historique. Mais nous sommes certainement devant un récit de croyant, croyant en la résurrection de Jésus.
Le premier jour de la semaine. Le Sabbat, le samedi, le 7e jour, devient le premier jour de la semaine, et le calendrier de la mondialisation commence avec la résurrection de Jésus. Au nom de la laïcité, devrait-on changer notre calendrier et prendre le calendrier chinois, par exemple ?
Marie se rend au tombeau de grand matin. Marie s'en va vers le soleil levant, vers la Lumière venue dans ce monde, vers le Christ-Lumière. Celui qui s'est éteint devient Lumière.
Marie voit que la pierre a été enlevée. La pierre rejetée par les bâtisseurs est devenue la Pierre d'angle.
Marie court. Elle est femme, la première témoin de la résurrection. Avant Pierre, avant Jean. La révolution des sexes et l'égalité des sexes commencent à la Résurrection.
Marie ne dit pas à Pierre et Jean, « on a enlevé la pierre », elle dit : « on a enlevé le Seigneur ». Le cadavre, le crucifié est devenu Seigneur. Le mort est devenu le Vivant. Quelle conversion durant sa course. Elle passe de la pierre enlevée, au Seigneur é-levé, ressuscité, fait Seigneur. Où l'a-t-on mis ? Le Père l'a assis à sa droite. Marie, la première convertie.
Pierre et Jean partent, en courant. Tout le monde court. Jean court plus vite, mais par peur, il n'entre pas.
Pierre arrive second, il entre, il regarde, il constate, mais ne voit rien.
Jean entre à son tour. Il voit et il croit. Jean a constaté les mêmes choses que Pierre, mais il a vu autre chose. Qu'a vu Jean que Pierre n'a pas vu ? Jean a vu un vide-parlant, une absence-présence, un disparu-signifiant Il y en a toujours qui regardent la même chose, qui voient la même chose, mais qui ne voient rien.
Le croyant, le chrétien peut constater la même chose que les autres, peut voir la même chose que les autres, mais les voir autrement.
Dans cette crise financière et économique, le chrétien peut constater les mêmes choses qu'un non croyant, peut souffrir de la crise de la même façon, mais il peut la vivre autrement, il doit la vivre autrement.
Là où on parle de consommation, le chrétien se doit de parler de partage. Quand on partage il y en a pour tout le monde.
Là où on parle de produire de la richesse, le chrétien se doit de répartir les richesses pour plus de justice. Là où on parle d'économie d'abord, le chrétien dit : la personne d'abord. Si on pense infrastructures urbaines, le chrétien se préoccupe d'infrastructures sociales et humanitaires. Si on fait du protectionnisme, le chrétien prône l'interdépendance solidaire.
Comme Jean, comme Marie-Madeleine, le chrétien voit la crise économique autrement,
pense la crise autrement. Le chrétien sait, croit et espère que la crise nous oblige à penser
l'économie autrement. C'est ça l'espérance chrétienne, la contribution chrétienne !
Joyeuses pâques !
Yves Gazeau
Article paru le 12 avril 2009
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