À quoi sert la foi?
À quelqu’un qui me pose cette question: À quoi sert ta foi? Je suis porté à dire: À rien! Elle ne règle pas mes problèmes financiers. Elle ne me protège pas nécessairement contre les accidents et la maladie. Elle n’empêche pas les guerres et le conflits. Elle ne m’assure pas le succès dans tout ce que j’entreprends.
La foi ne change pas le monde sauf que...
La foi ne change pas le monde sauf qu’elle me change. Prenons un exemple. Une personne passe par une épreuve. Son épreuve ne change pas les événements que le monde vit mais change sa façon de les voir et de les vivre. Elle ne voit plus la vie de la même manière. C’est la même chose pour la foi.
La foi arrive en moi comme un cadeau. Elle est un don de «l’Esprit de vérité» comme le dit si bien saint Jean. Ça s’explique pas, ça se vit!
Ma foi en Jésus vivant au milieu de nous change ma façon de voir la vie. Jésus le dit clairement: «Afin que par votre foi vous ayez la vie.» Cette foi me donne des mains afin que je mette de la vie dans ce qui est mort en moi et autour de moi. N’est-ce pas que cette foi qui est vainqueur de ce monde qui croit plus aux oeuvres de mort et de destruction qu’à ce qui fait vivre.
Ma foi me fait croire que Jésus est «toujours là au milieu de nous.» Je le crois sur parole quand il me dit: «Heureux, heureuse celui, celle qui croit sans avoir vu.»
L’amour
Comme Jean, Marie-Madeleine, Pierre, Thomas et les autres disciples, ce qui me fait passer du voir au croire c’est l’amour. C’est quand je fais l’expérience d’être aimé de Dieu comme un enfant se sent aimé de son père et de sa mère que ma façon de voir le monde change. Je crois que c’est cet amour que Dieu me porte qui est vainqueur du monde et qui m’ouvre à l’amour des autres.
Le souffle de Jésus
Je crois alors qu’il est au milieu de nous, à chaque fois qu’avec d’autres, nous célébrons l’eucharistie. Je crois qu’il répand sur nous son souffle afin que nous accueillons sa miséricorde, son pardon. Il nous envoie en témoigner au milieu de notre monde. N’est-ce pas la force de son pardon qui est vainqueur du monde, un monde qui sombre trop souvent dans la vengeance et la haine.
L’unité
Quand je me regroupe avec d’autres qui ont la même foi que Jésus est là au milieu de nous, nous vivons ce que les premières communautés chrétiennes vivaient: « La multitude de ceux qui avaient adhéré à la foi avait un seul coeur, une seule âme.» Comme la première communauté chrétienne c’est avec passion, avec coeur que nous essayons de créer des liens solides entre nous. En voyant cette unité, le monde peut dire: «C’est tissé serré entre eux.» N’est-ce pas cette foi qui est vainqueur du monde dans un monde qui prêche l’individualisme et le chacun pour soi.
Le partage
Cette foi en l’amour de Dieu qui s’enracine dans l’amour humain nous amène au partage quand des personnes vivent des malheurs. Ce partage est souvent signe de cette foi qui nous habite: «La puissance de la grâce était sur eux tous.» Cette foi n’est-elle pas vainqueur du monde qui privilégie souvent l’appât du gain, l’argent, la compétition, l’égoïsme!
La paix
Croire que Jésus est au milieu de nous c’est se laisser toucher par sa paix afin que nous soyons des instruments de sa paix. N’est-ce pas cette paix de Jésus qui est vainqueur du monde parce qu’il ne la donne pas comme le monde la donne.
Vainqueur du monde
Êtes-vous bien sûrs que la foi ne change pas le monde? Notre foi ne change pas le monde mais nous change. Si elle nous change, n’est-elle pas vainqueur du monde? Y croyons-nous? Dans le temps de silence apportons notre réponse.
Article paru le 25 février 2009
|