Questions
Qu’est-ce qui a amené Jean à passer du voir au croire? Qu’est-ce qui a amené plus tard Marie-Madeleine et Pierre à passer du voir au croire? Ce qui a amené Jean à passer du voir au croire c’est ce qui l’a fait courir plus vite que Pierre. Qu’est-ce qui l’a motivé à courir plus vite?
D’abord, qu’est-ce qui fait que Marie-Madeleine et Pierre voient uniquement un tombeau vide?
Marie-Madeleine
Ce que Marie-Madeleine voit c’est l’absence de celui qu’elle a aimé. Son absence d’amour est vécu comme un vide. Elle est incapable, comme dit saint Paul de «s’ouvrir aux réalités d’en haut.» Elle vit dans «les réalités d’en bas.» Jésus est mort, un point c’est tout. Le tombeau est vide, il n’y a plus rien. Elle se sent abandonnée par celui qu’elle aimait.
Comme Marie-Madeleine, nous vivons tous la perte d’un être cher. Comme elle, nous disons: «on m’a enlevé dans la mort celui que j’aime le plus au monde.» La mort est vraiment une réalité terrestre. Tous y sont confrontés. Un jour ou l’autre la mort frappe à notre porte: mort physique de quelqu’un, mort de certaines de mes amours et de mes amitiés, mort d’un rêve ou d’un projet. Je suis comme Marie-Madeleine, je ne vois pas que ces morts peuvent m’ouvrir «aux réalités d’en haut.» Je ne vois que le tombeau vide.
Pierre
Pierre est un rationnel. Il ne voit qu’un tombeau vide. Un point c’est tout. Ce qui existe c’est ce qu’il voit. Ce qu’il voit, c’est cette réalité terre à terre: le tombeau est vide. Le reste c’est de la spéculation. Il faut des preuves pour croire au reste. Il reste au niveau de la raison.
Souvent nous sommes comme Pierre, nous n’arrivons plus à croire. Nous ne voyons que le tombeau vide. Nous ne voyons que le vide de nos vies. Notre regard est fixé vers le bas.
Jean
Reprenons nos questions. Qu’est-ce qui fait courir Jean plus vite que Pierre? Pourquoi le laisse-t-il entrer le premier dans le tombeau. Comment ce fait-il que ce qui l’a amené à courir plus vite le fait passer du voir au croire?
Il laisse entrer Pierre avant lui parce qu’il accepte le leadership que Jésus lui a reconnu.
Ce qui fait courir Jean plus vite c’est l’amour. Il est le disciple que Jésus aimait. Quant un ami, une amie, un conjoint, une conjointe ou notre enfant est disparu, qu’est-ce qui nous fait courir plus vite que les autres quand on pense l’avoir retrouvé? N’est-ce pas l’amour.
C’est parce qu’il se sent aimé par Jésus que Jean voit plus loin que le tombeau vide. Il fait l’expérience de l’amour. Il fait l’expérience que «Dieu a tellement aimé le monde, qu’il nous a tellement aimé qu’il a ressuscité d’entre les morts son Fils Jésus.» Tout se déroule rapidement dans sa tête. Les événements vécus avec Jésus de son vivant, son enseignement, les liens qu’il faisait avec l’Écriture, le bien qu’il a fait par ses guérisons, ses exorcismes prennent un autre sens. Il fait l’expérience que toutes les réalités d’en bas vécues par Jésus l’ont ouvert aux réalités d’en haut. Il saisit que le tombeau vide c’est la victoire de la vie sur la mort, la victoire de l’amour sur toutes les formes de mort.
Marie-Madeleine
C’est lorsqu’elle se sentira aimée par le jardinier qui l’appelle par son nom, que Marie-Madeleine le reconnaîtra.
Pierre
C’est lorsque Jésus demandera à Pierre, « m’aimes-tu plus que tout?» que celui-ci le reconnaîtra. C’est en affirmant qu’il l’aime plus que tout, que Pierre fera l’expérience du pardon. Il aura raison d’affirmer plus tard que la grâce que tu reçois en premier lorsque tu crois au Ressuscité c’est son pardon. Le pardon n’est-il pas la fleur de l’amour.
Eucharistie
À chaque fois que nous partageons le pain de son corps et le vin de son sang, sur ce tombeau vide, nous sommes invités à passer du voir au croire. Croire que son amour va donner une saveur d’éternité aux réalités terrestres que nous vivons. L’amour du crucifié-ressuscité que je reçois me fait croire que la vie naît toujours de ce qui est mort. Ayons l’audace comme Pierre et les disciples d’en témoigner tout au cours de notre semaine.
Reprenons dans notre coeur le très beau refrain du psaume de ce matin: «Oui, ce jour que fit le Seigneur est un jour de joie, Alléluia!»
Article paru le 12 avril 2009
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