Dieu un être de pardon
Isaïe nous fait découvrir que le monde nouveau qui est en train de germer est basé sur le pardon inconditionnel de Dieu: «À cause de qu’il est, Dieu ne se souvient plus de nos péchés.» Autrement dit c’est l’être même de Dieu de pardonner. Le pardon rétablit l’Alliance d’amour entre nous et Dieu que le mal et le péché en nous ont brisée. Ce qui paraissait impossible est rendu possible grâce au pardon: «Il fait passer des fleuves dans les lieux arides.»
Jésus un être de pardon
Jésus, s’identifiant au Fils de l’homme, va faire germer ce monde nouveau en actualisant sur terre le pardon de Dieu: «Tes péchés sont pardonnés,» dit-il au paralysé. Pour les scribes c’est scandaleux: «Seul Dieu peut pardonner... pour qui te prends-tu? Tu blasphèmes!» Quant à la foule, elle s’ouvre à la foi en s’exclamant: «On n’a jamais vu rien de pareil... On n’a jamais vu ça!»
L’expérience du paralysé
Entrons dans l’expérience du paralysé. Nous sommes paralysés quand nous faisons l’expérience du mal. Mais c’est la foi qui nous fait prendre conscience que nous sommes pécheurs, que nous avons brisé notre relation avec Dieu. N’est-ce pas un problème de foi lorsque nous disons « qu’il n’y a plus de péché?
Souvent, pour le découvrir, nous avons besoin «de faire du pouce sur la foi des autres.» Nous avons besoin, comme le paralytique, d’être portés par la foi des autres. Nous avons besoin de porteurs.
Mis en présence du pouvoir de guérison que Jésus nous offre par son pardon, nous avons à prendre la décision de nous mettre debout, quand il nous invite à nous lever. Libérés de notre paralysie nous prenons notre brancard, c’est-à-dire notre vie en main, et nous décidons de marcher vers ce qui nous fait vivre. Le pardon est une forme de résurrection!
Cette expérience de résurrection nous amène à nous souvenir non de nos fautes ou de notre paralysie mais de l’expérience de libération que nous apporte le pardon.
Le sacrement du pardon
Aujourd’hui, n’avons-nous pas à découvrir toute la richesse du sacrement du pardon! Ce sont les ados qui m’ont fait découvrir, depuis trois ans, la richesse du sacrement du pardon avec aveu individuel. Donner des exemples.
Les ados qui font un cheminement les conduisant à leur première communion et confirmation découvrent dans les catéchèses que le mal dans le monde et en eux les paralyse. Par le sacrement du pardon que nous leur offrons nous sommes comme les porteurs qui amenaient le paralysé au pied de Jésus. Nous leur faisons découvrir le pouvoir de guérison que Jésus, représenté par le prêtre, leur offre par le pardon.
Il y a trois ans, à ma grande surprise, les ados n’ont montré aucune réticence à me rencontrer. Chacun a passé un bon moment avec moi. Ils ont découvert, dans le pardon de Dieu, une force de libération très grande. L’an passé...
Notre rassemblement
Nous sommes rassemblés dans la maison de Dieu comme les gens de Capharnaüm rassemblés, avec Jésus, dans la maison de Simon. Nous sommes à la fois portés par la foi des autres et nous sommes porteurs. Nous sommes déposés au pied de Jésus, symbolisés par la table eucharistique, où le Christ, être de pardon, va nous libérer de tout ce qui nous paralyse. «Seigneur Jésus Christ ne regarde pas nos péchés mais la foi de ton Église.» En recevant le pain de vie nous recevrons sa force d’aimer, qui nous libérera de notre paralysie et nous rendra capables d’être à notre tour, cette semaine, des porteurs pour ceux et celles dont la foi chancelle... Qui a besoin de porteurs dans mon entourage?
Article paru le 22 février 2009
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