Purification du lépreux
Est-ce que l’évangéliste Marc parle de guérison? Marc utilise le mot purification au lieu de guérison. C’est plus fort. Pourquoi? Il faut comprendre qu’en plus d’être un malade le lépreux est un impur et donc au nom de Dieu on l’exclut... et c’est le geste de purification qu’il posera qui le sortira de son exclusion. L’exclusion fait plus mal que la maladie.
Situation du lépreux
Le livre des Lévites nous décrit fort bien la situation du lépreux.
- un malade qui souffre d’une maladie contagieuse.
- un impur. Au nom de Dieu il faut l’exclure. On lie sa maladie à une punition de Dieu. Il devient un pécheur.
- un exclu de sa famille, de sa ville, de la société (il n’a plus aucun droit), de la religion(il en peut plus aller au temple, à la synagogue).
- une source d’impureté pour qui s’en approche. Il se promène avec une clochette...
La démarche du lépreux
Entrons dans la démarche du lépreux. Je remarque que c’est lui qui vient vers Jésus. Il veut briser le cercle infernal dans lequel on l’a enfermé. Jésus l’accueille et ne le repousse pas quand il s’agenouille devant lui. Il a compris que sa mission est d’accueillir et non d’exclure.
Pour Jésus, ce qui est important ce n’est pas sa guérison mais sa purification. Il va purifier l’image que l’on se fait de Dieu. Ce n’est pas un Dieu qui punit et exclut mais un Dieu qui se fait proche de ceux et celles qui souffrent.
Le geste de Jésus
En touchant et purifiant le lépreux Jésus révèle le vrai visage de Dieu qui l’habite: un Dieu de compassion. Il se fait contagieux de l’amour de Dieu. À partir de cette purification, une forte tension va exister entre lui et les autorités religieuses à propos de ce qui est pur et impur aux yeux de Dieu.
Et nous?
Ce récit me fait prendre conscience qu’à certains moments de ma vie je ressemble au lépreux. J’ai besoin d’être purifié... À d’autres je suis invité à agir comme Jésus, à rendre son amour contagieux dans l’accueil des personnes spécialement celles qui souffrent d’exclusion.
Être purifié
J’ai besoin dans ma vie d’être purifié de mes lèpres intérieures. Certains aspects de mon histoire personnelle plus ou moins assumés représentent une forme de lèpre dans mon coeur: traîner toute ma vie le fardeau d’une séparation (rupture d’amitié, de travail, obédience difficile) d’un deuil, d’une blessure profonde datant de notre jeunesse. Porter le poids de nos peines, de nos peurs, de nos angoisses et ne pouvoir s’en libérer n’est-ce pas une forme de lèpre.
La démarche à faire
Le premier pas à faire c’est de vouloir sortir de notre exclusion, de notre lèpre et de venir vers Jésus et de le prier: «Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier.» Le deuxième pas c’est, comme le lépreux, se laisser toucher par Jésus. Nous laisser toucher par Lui, même dans ce qui est mal, pour nous laisser habiter par lui. Nous laisser nous dire en recevant sa force d’aimer à la communion: «Oui je le veux, sois purifié.»
Agir comme Jésus
C’est la fin de semaine de la Saint-Valentin. C’est une journée instituée pour fêter l’amour. Mais pensons-y un peu: une seule journée pour fêter l’amour... et le reste de l’année? Jésus nous invite aujourd’hui à faire de chacune de nos journées une Saint-Valentin de Dieu. Il nous invite à rendre son amour contagieux.
Dans notre semaine qui vient c’est plein de cas où des indésirables, des mal aimés, des pas aimés, des pas intéressants, des rejetés, des esseulés viennent vers nous. Est-ce que je me barricade le coeur contre tout sentiment de compassion, d’accueil?
Demandons d’être une personne contagieuse de son amour. Faisons de chaque jour de notre semaine une Saint-Valentin de Dieu.
L’eucharistie
Avant de nous approcher de la table eucharistique, posons-nous deux questions:
- De quoi aimerais-je être purifié par Jésus?
- Cette semaine, comment puis-je être contagieux de l’amour de Dieu? Qui a besoin de ma compassion?
Article paru le 15 février 2009
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