Lien avec la semaine dernière
La semaine dernière j’ai présenté Jean-Baptiste et Isaïe comme des témoins qui avaient une Bonne Nouvelle à nous partager. Cette bonne nouvelle c’est Jésus, Fils de Dieu, mort par amour pour nous et que Dieu son Père a ressuscité d’entre les morts. Cette bonne nouvelle nous aide à vivre dans l’espérance.
Je vous demandais d’être attentifs cette semaine à découvrir autour de vous des témoins, porteurs de cette bonne nouvelle et qui nous donnent des raisons de vivre dans l’espérance. Certains, certaines ont indiqué sur un coeur ces raisons d’espérer.
Quand une personne vit dans l’espérance, j’ai de la misère à l’imaginer sans vivre de cette joie dont parlent les textes d’aujourd’hui. Joie et espérance vont de pair.
La joie
Saint Paul dit: « Soyez toujours joyeux.»
Jésus, qui est cette lumière dont témoigne Jean-Baptiste, dit: « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite.» (Jean 15, 11)
Mère Thérésa dit: « Notre joie est le meilleur moyen de prêcher le christianisme.»
La première question que je me suis posée est: « De quelle joie parlent-ils?» La seconde: « Est-il possible d’être dans la joie quand nous vivons une grande épreuve comme, par exemple, la perte d’un être cher?» La troisième: « La joie est-elle possible sur terre?»
J’aimerais vous présenter une personne qui, au coeur de son épreuve, n’a pas perdu cette joie dont parlent les textes d’aujourd’hui.
Lytta Basset, une théologienne suisse, mère de trois garçons, a tenté de répondre à ces questions dans son livre publié en 1996 et intitulé: « La joie imprenable.»
Elle s’interroge: « Est-elle possible cette joie qui ne se laisserait pas détruire par les circonstances de la vie - une joie imprenable, autre que le plaisir, le bonheur d’une vie sans épreuve et la béatitude d’être bien dans sa peau? » C’est par une lecture renouvelée de la parabole dite du fils prodigue qu’elle nous présente comment des expériences aussi «négatives» que l’échec, la solitude ou la frustration ont, paradoxalement, partie lié avec l’éclosion de la joie. Elle explore cette « joie parfaite » promise par Jésus, qui est adhésion à l’existence tout entière sans exclusion de rien, ni de personne.
En septembre 2003, je suivais à l’Institut de pastorale des dominicains la session qu’elle donnait sur la joie imprenable et la compassion. Cette femme me rejoignait dans l’épreuve que je vivais alors. Elle était témoin de cette joie profonde qui l’habitait. Au coeur de mon épreuve, elle me donnait une raison d’espérer. Cette joie profonde qui l’habitait prenait sa source dans cet amour de compassion du Père envers ses deux fils. Elle nous faisait prendre conscience que cet amour de compassion du Père ne nous quitte jamais quelles que soient les épreuves que nous vivons. C’est cette joie parfaite dont nous parle Jésus et qu’il a vécu sur la croix. Cette joie là est imprenable en nous.
En 2003 elle était un témoin vivant de ce qu’elle avait écrit en 1996. Rappelons-nous ce que Paul VI disait: « Les personnes écoutent plus les témoins que les maîtres et s’ils écoutent les maîtres c’est parce qu’ils sont des témoins.» Elle était témoin de ce qu’elle enseignait.
J’ai pris conscience de cela à l’automne 2007 quand elle publiait un livre intitulé: « Ce lien qui ne meurt jamais.» Ce livre c’est son journal personnel qu’elle a tenu du 7 mai 2001 au 7 mai 2005 à la suite du suicide de son fils survenu le 7 mai 2001.
Pendant qu’elle nous donnait cette session sur la joie en 2003 elle écrivait ceci dans son journal personnel: « Je parle de la joie alors que la destruction intérieure semble à son comble: tu es bien trop détruite pour vivre. Mais je sens que Dieu est avec moi et c’est alors que mon énergie de vie s’est mobilisée autrement: une rage de vivre s’est installée en moi.»
Au coeur de son épreuve, elle nous transmettait que sa raison de vivre venait de cette joie profonde que le Dieu de compassion de la parabole de l’enfant prodigue l’habitait de sa présence. Et c’est cette Présence qu’elle nous communiquait.
Eucharistie
Cette joie parfaite (imprenable) nous la puisons ici dans cette eucharistie. En venant en nous, Jésus est source d’espérance et de joie. Cette fidélité de Jésus dont nous parle saint Paul nous est assurée.
Comme il nous y invite: « Prions sans relâche et rendons grâce en toute circonstance. »
Prions et rendons grâce au Seigneur de mettre sur notre route des témoins d’espérance et de joie.
Prions et rendons grâce au Seigneur de nous combler à chaque eucharistie de son amour qui nous fait vivre dans l’espérance et nous permet d’être toujours dans la joie.
Et pour exprimer notre action de grâce, notre espérance et notre joie reprenons le cantique de Marie...
Article paru le 14 décembre 2008
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