TRENTE-QUATRIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE
LE CHRIST ROI DE L'UNIVERS

Introduction à la célébration

C’est aujourd’hui la fête du Christ-Roi. C’est à partir de l’image du roi et du berger que le Christ se présentera à la fin des temps pour remettre son pouvoir royal à Dieu et pour nous juger sur notre pratique quotidienne de la compassion et de la miséricorde: « Ce que tu as fait au plus petit d’entre les miens c’est à moi que tu l’as fait.»



Un mot sur la première lecture

Je trouve les textes d’aujourd’hui très beaux. D’abord Ézéchiel identifie Dieu à un Berger qui prend soin de toutes les brebis de son Royaume.

Les brebis nous représentent. Quand nous nous égarons, il part à notre recherche. Quand nous sommes blessés, il prend soin de nous. Quand nous sommes faibles, il nous donne des forces. Quand nous sommes en bonne santé, il nous ouvre à la justice qui consiste à prendre soin des brebis dans le besoin.

Dieu, roi et berger d'Israël, jugera son peuple

Lecture du livre d'Ézékiel 34, 11-12.15-17

Parole du Seigneur Dieu. Maintenant, j'irai moi-même à la recherche de mes brebis, et je veillerai sur elles. Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersées, ainsi je veillerai sur mes brebis, et j'irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de brouillard et d'obscurité. C'est moi qui ferai paître mon troupeau, c'est moi qui le ferai reposer, déclare le Seigneur Dieu! La brebis perdue, je la chercherai; l'égarée, je la ramènerai. Celle qui est blessée, je la chercherai. Celle qui est faible, je lui rendrai des forces. Celle qui est grasse et vigoureuse, je la garderai, je la ferai paître avec justice. Et toi, mon troupeau, déclare le Seigneur Dieu, apprends que je vais juger entre brebis et brebis, entre béliers et boucs.





Un mot sur la deuxième lecture

C’est saint Paul qui nous aide à mieux comprendre la fête d’aujourd’hui. Indirectement il nous aide à faire une nuance entre la Royauté du Christ et le Royaume de Dieu.

La Royauté du Christ s’applique à son règne ici-bas auquel nous contribuons notamment par notre miséricorde envers les plus mal pris. Cette Royauté sera remise par le Christ à son Père, comme nous dit saint Paul, “quand il aura détruit toutes les puissances du mal... et surtout le dernier ennemi qu’est la mort.”

Le Royaume de Dieu appartient au ciel et à l’éternité. Il est la demeure de Dieu et des élus.

Le lien c’est que la Royauté du Christ conduit au Royaume de Dieu.

La royauté universelle du Fils

Première lettre de Paul aux Corinthiens 15, 20-26.28

Le Christ est ressuscité d'entre les morts pour être parmi les morts le premier ressuscité. Car, la mort étant venue par un homme, c'est par un homme aussi que vient la résurrection. En effet, c'est en Adam que meurent tous les hommes; c'est dans le Christ que tous revivront, mais chacun à son rang: en premier, le Christ; et ensuite, ceux qui seront au Christ lorsqu'il reviendra.

Alors, tout sera achevé, quand le Christ remettra son pouvoir royal à Dieu le Père, après avoir détruit toutes les puissances du mal. C'est lui en effet qui doit régner jusqu'au jour où il aura mis sous ses pieds tous ses ennemis. Et le dernier ennemi qu'il détruira, c'est la mort. Alors, quand tout sera sous le pouvoir du Fils, il se mettra lui-même sous le pouvoir du Père qui lui aura tout soumis, et ainsi, Dieu sera tout en tous.





La venue du Fils de l'homme, pasteur, roi et juge de l'univers

+ Évangile de Jésus Christ selon Matthieu 25, 31-46

Jésus parlait à ses disciples de sa venue:

Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des chèvres: il placera les brebis à sa droite, et les chèvres à sa gauche.

Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite:

Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde.
Car j'avais faim, et vous m'avez donné à manger;
j'avais soif, et vous m'avez donné à boire;
j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli;
j'étais nu, et vous m'avez habillé;
j'étais malade, et vous m'avez visité;
j'étais en prison, et vous êtes venus jusqu'à moi!

Alors les justes lui répondront:

Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu...? tu avais donc faim, et nous t'avons nourri? tu avais soif, et nous t'avons donné à boire? tu étais un étranger, et nous t'avons accueilli? tu étais nu, et nous t'avons habillé? tu étais malade ou en prison... Quand sommes-nous venus jusqu'à toi?

Et le Roi leur répondra:

Amen, je vous le dis, chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait.

Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche:

Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le démon et ses anges. Car j'avais faim, et vous ne m'avez pas donné à manger; j'avais soif, et vous ne m'avez pas donné à boire; j'étais un étranger, et vous ne m'avez pas accueilli; j'étais nu et vous ne m'avez pas habillé; j'étais malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité.

Alors ils répondront, eux aussi:

Seigneur, quand est-ce que nous t'avons vu avoir faim et soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service?

Il leur répondra:

Amen, je vous le dis, chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces petits, à moi non plus vous ne l'avez pas fait.

Et ils s'en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle.

C’est à partir de l’image du roi et du berger que le Christ se présentera à la fin des temps pour remettre son pouvoir royal à Dieu et pour nous juger sur notre pratique quotidienne de la compassion et de la miséricorde. Se rappeler que le moindre petit geste de compassion et de miséricorde se fait dans la discrétion et c’est à Jésus lui-même qu’on le fait.

Il y a des jeunes qui s’engagent à faire reculer les limites de la misère et de la souffrance humaine. Ils vont venir en témoigner.

Témoignage d'Andrée-Anne Houle

Témoignage de mon engagement

Depuis maintenant près de 6 ans, je suis impliquée dans le module communautaire du Collège Jean de la Mennais. Les deux premières années je m’impliquais dans diverses activités à titre de participante; depuis 4 ans, j’ai maintenant la chance d’être une animatrice d’activités qui se déroulent autant dans le module communautaire qu’à l’intérieur du Collège.

À travers mes engagements, j’ai la chance de côtoyer des enfants et leur famille qui sont dans le besoin, des jeunes toxicomanes, des hommes et des femmes atteints du VIH/SIDA, des enfants qui vivent avec un handicap physique ou intellectuel, plusieurs jeunes qui souhaitent en apprendre davantage sur eux-mêmes à travers différentes activités de connaissance de soi ainsi que des jeunes qui souhaitent apprendre les bases de la relation d’aide et de la prévention du suicide, en se rendant disponible pour leurs pairs.

En prenant la décision de m’engager, à chaque activité, j’ai en tête le souhait d’apporter un moment de qualité aux bénéficiaires. À chaque fois, j’espère que le peu que je peux leur apporter pourra leur faire du bien, les faire rire, les faire sourire et qu’ils aillent jusqu’à en oublier leur mal pour un instant. J’espère pouvoir les accompagner dans leur réflexion et les aider dans leur connaissance d’eux-mêmes, tout comme j’ai eu la chance d’être accompagnée alors que j’étais moi-même au secondaire.

Le but premier de mes engagements était d’apporter du bien-être aux autres, avec du recul, je suis consciente que toutes les personnes que j’ai côtoyé et que je continue encore de côtoyer ont su m’apporter beaucoup plus qu’elles ne peuvent l’imaginer, et que sans le vouloir, je bénéficie énormément de mes engagements. En m’impliquant, je me sens énormément valorisée et j’ai appris à me connaître différemment. J’ai découvert de nouveaux intérêts et j’ai appris à connaître mes forces et mes limites. Mais par-dessus tout, j’ai appris à connaître de nouvelles personnes. Des personnes qui ont su influencer positivement mon cheminement. Des personnes qui m’ont écouté au bon moment et qui m’ont amené à croire en mes capacités et en mon potentiel. De par mes engagements, c’est comme si je m’étais trouvé une deuxième famille. Une famille qui m’a aidé à identifier clairement mes valeurs, mes idéaux et mon cheminement professionnel, en ayant décidé depuis les dernières années de faire de la relation d’aide ma future profession.

Je suis maintenant consciente de l’importance de mes engagements autant pour ce que je peux apporter aux autres que pour ce que j’en retire personnellement. On dit que rien n’arrive pour rien et j’y adhère entièrement. Depuis ma jeunesse, j’ai toujours vu mes parents être impliqués dans divers projets et s’investir au meilleur d’eux-mêmes. En m’incitant vers le bénévolat et le partage, ils m’ont sûrement fait le plus beau des cadeaux. En ayant grandi aux côtés de parents engagés, j’ai choisi de m’impliquer dans des projets qui me tenaient à coeur dès mon entrée au secondaire. Grâce à mes engagements, j’ai appris à me connaître et à apprendre ce qui me convenait vraiment. En résumé, j’ai été guidée à prendre le chemin qui me rejoint le plus et qui me convient le mieux. Sans mes engagements, je serais sans doute passée à côté des plus belles expériences de ma vie et je ne serais surtout pas la même personne aujourd’hui.

Je crois sincèrement à tout le bien que peut apporter le fait de s’engager, autant pour soi que pour les autres. En m’engageant, j’ai pris conscience qu’il est important de croire au potentiel de chaque personne et au rôle clé que joue l’entraide. Être impliquée m’a fait grandir et je crois que tout le monde devrait un jour avoir la chance de ressentir les bienfaits de l’engagement.

Andrée-Anne Houle



Témoignage de Samuel Gagné

Expérience vécue au Guatémala

L'année passée, j'ai fait un voyage au Guatemala et une des parties de ce voyage était de l'aide humanitaire. Comme ce pays est assez pauvre, il ne peut pas vraiment faire de subventions assez grosses pour certains établissements, comme les orphelinats. Justement, un orphelinat, de garçons seulement, avait besoin de rafraîchir sa peinture. Nous avons donc été dans à cet orphelinat et nous avons aidé en faisant de la peinture. Une partie de nous repeignait les murs et les pottos; les plus doués en art ont fait des dessins sur les murs, par exemple des desseins de personnages animés ou le drapeau de leur pays.

Nous avons aussi amené du linge et des fournitures scolaires. J'ai beaucoup aimé cette expérience, car, en retour, nous avons reçu une reconnaissance comme j'en avais jamais vécu. C'était comme si on venait de leur sauver la vie. C'était vraiment plaisant de voir que nos efforts ont été appréciés. En échange, ils nous ont fait un spectacle de musique typique du pays, mais ce n'était rien comparativement aux sourires accrochés aux visages des petits enfants. Cela m'a fait réaliser que la misère humaine est plus importante que ce que je croyais et qu'il était si facile de la résoudre. Si au moins tout le monde pouvait faire pareil...

Samuel Gagné


Article paru le 23 novembre 2008









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