TRENTIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

Introduction à la célébration

Les évêques du Canada nous invitent aujourd’hui à prier pour la paix. Jésus nous invite à aimer Dieu et notre prochain comme nous-mêmes.

Je dépose ce coeur symbole d’amour et cette colombe symbole de la paix sur un manteau. Ce manteau symbolise que l’amour de Dieu et du prochain ne font qu’un et qu’amour et paix sont liés. Laissons-nous habiter tout au cours de cette eucharistie par l’amour et la paix de Dieu. Que...



Introduction au livre de l’Exode

L’auteur du livre de l’Exode nous fait prendre conscience que le coeur de Dieu est celui de la compassion. Écoutons comment Dieu est compatissant.

Dieu exige qu'on aime les pauvres

Lecture du livre de l'Exode 22, 20-26

Quand Moïse transmettait au peuple les lois du Seigneur, il disait:

Tu ne maltraiteras point l'immigré qui réside chez toi, tu ne l'opprimeras point, car vous étiez vous-mêmes des immigrés en Égypte.

Vous n'accablerez pas la veuve et l'orphelin. Si tu les accables et qu'ils crient vers moi, j'écouterai leur cri. Ma colère s'enflammera et je vous ferai périr par l'épée: vos femmes deviendront veuves, et vos fils, orphelins.

Si tu prêtes de l'argent à quelqu'un de mon peuple, à un pauvre parmi tes frères, tu n'agiras pas envers lui comme un usurier: tu ne lui imposeras pas d'intérêts. Si tu prends en gage le manteau de ton prochain, tu le lui rendras avant le coucher du soleil. C'est tout ce qu'il a pour se couvrir; c'est le manteau dont il s'enveloppe, la seule couverture qu'il ait pour dormir. S'il crie vers moi, je l'écouterai, car moi, je suis compatissant!





L'annonce de l'Évangile et la conversion

Première lettre de Paul aux Thessaloniciens 1, 5c-10

Frères, vous savez comment nous nous sommes comportés chez vous pour votre bien. Et vous, vous avez commencé à nous imiter, nous et le Seigneur, en accueillant la Parole au milieu de bien des épreuves avec la joie de L'Esprit Saint.

Ainsi vous êtes devenus un modèle pour tous les croyants de Macédoine et de toute la Grèce. Et ce n'est pas seulement en Macédoine et dans toute la Grèce qu'à partir de chez vous la parole du Seigneur a retenti, mais la nouvelle de votre foi en Dieu s'est si bien répandue partout que nous n'avons plus rien à en dire. En effet, quand les gens parlent de nous, ils racontent l'accueil que vous nous avez fait; ils disent comment vous vous êtes convertis à Dieu en vous détournant des idoles, afin de servir le Dieu vivant et véritable, et afin d'attendre des cieux son Fils qu'il a ressuscité d'entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient.





Amour de Dieu et amour du prochain

+Évangile de Jésus Christ selon Matthieu 22, 34-40

Les pharisiens, apprenant que Jésus avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent, et l'un d'eux, un docteur de la Loi, lui posa une question pour le mettre à l'épreuve:

Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement?

Jésus lui répondit:

Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et voici le second, qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Tout ce qu'il y a dans l'Écriture, - dans la Loi et les Prophètes, - dépend de ces deux commandements.

Le piège des pharisiens

Les pharisiens veulent tendre un piège et un Docteur de la Loi s’adresse à Jésus en lui demandant quel est le plus grand commandement. Jésus répond en citant le Deutéronome: « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit.» Ensuite, il cite le Lévitique: « Et ton prochain comme toi-même.»

Je me suis demandé: « Quel piège Jésus évite-t-il en donnant cette réponse?» Les pharisiens s’attendaient à ce que Jésus dise: « Tu aimeras Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit en observant toutes les prescriptions qui te sont demandées.»

Pour Jésus la seule prescription qui compte c’est l’amour du prochain comme soi-même. Pour Jésus l’amour de Dieu et du prochain ne font qu’un. L’un ne va pas sans l’autre.

Suis-je un pharisien?

C’est en réfléchissant à cette question piège des pharisiens que je me suis aperçu, qu’à certains moments, je ressemblais aux pharisiens.

Quand, par exemple, j’attache plus d’importance à observer des lois, des règlements ou des rituels plus qu’à entrer en communion avec Dieu lors des célébrations. Je ressemble aux pharisiens quand j’attache plus d’importance à suivre mon horaire plus qu’à accepter de perdre du temps pour aider quelqu’un de mal pris.

Je ressemble aux pharisiens quand je dissocie l’amour de Dieu de l’amour du prochain et que je porte sur les autres des jugements comme ceux-ci:

« Ils se vantent d'aider leur prochain mais on les voit jamais à l’église.»

« Ils disent qu’ils vont à l’église, mais on ne les voit jamais s’impliquer à aider les autres.»

« Veux-tu me dire ce que ça donne de faire des prières pour la paix. Il me semble que ça change pas grand chose?»

« Veux-tu me dire ce que ça donne toutes ces pétitions et ces marches pour la paix?»

Amour de Dieu et du prochain

J’ai besoin d’entendre Jésus me dire que l’amour de Dieu et du prochain ne font qu’un. En les unissant, Jésus humanise l’amour de Dieu et divinise l’amour du prochain. Ce que je comprends c’est que l’amour du prochain incarne l’amour de Dieu et que l’amour de Dieu donne une saveur d’éternité à l’amour du prochain.

Lier paix et amour

Quand je lie l’amour de Dieu et du prochain dans ma vie, je vis en paix avec les autres et moi-même. Voici comment j’essaie de comprendre cela dans ma vie.

Amour de Dieu

D’abord l’amour de Dieu. Il y a un mot clé qui me frappe dans la réponse de Jésus c’est le mot Tout qui revient trois fois."De tout ton coeur, de toute ton âme, de tout ton esprit..." c'est-à-dire de tout ton être. Quand, dans le silence de mon coeur, je tends de tout mon être à l’aimer, je fais bien souvent l’expérience d’être aimé de Lui.

S’aimer soi-même

Cette expérience d'être aimé de Dieu me fait reconnaître l’être d’amour que je suis. M’accepter et m’aimer comme je suis m’apporte une grande paix intérieure.

Aimer les autres

Si je suis habité par l’amour et la paix de Dieu je ne peux pas ne pas m’ouvrir à l’amour des autres parce que j’ai le coeur compatissant de Dieu en moi. Je ne suis plus porter à m’approprier le manteau des autres mais à leur donner le mien. Par exemple je ne puis tolérer qu’un pays riche comme le nôtre dérobe le manteau des richesses naturelles d’un pays pauvre sans m’assurer que l’on lui remet un manteau plus chaud pour se protéger. Gandhi disait: « Que la pire forme de violence est la pauvreté.» Quand je fais reculer les limites de la pauvreté, je travaille à la paix.

Liens entre la semaine et l’eucharistie

Faire l’expérience d’être aimé de Dieu, d’aimer mon prochain comme moi-même donnent un sens profond à ma vie. En fait, si cette semaine j’ai perçu le visage de Dieu derrière le visage des personnes que j’ai rencontrées, il y a une petite voix qui me dit: « Viens à l'eucharistie rencontrer Celui qui fera grandir ta force d'aimer et ta paix intérieure.»

Et tout au cours de cette eucharistie j’ entendrai cette voix qui m’invitera à partager cette force d'aimer et cette paix à nos frères et soeurs... En fait l’expérience que Jésus me propose par son grand commandement c’est: Aimer les autres autant que je suis aimé par l'Autre...

Le Jeudi Saint, Jésus nous a demandé de faire deux choses en mémoire de Lui: nous nourrir de son être d’amour symbolisé par le pain et le vin et de servir comme Lui nos frères et soeurs.

Dans le silence qui va suivre, laissons le Seigneur nous habiter par son amour et sa paix. Que son amour et sa paix fassent de nous des instruments de son amour et de sa paix.


Article paru le 26 octobre 2008





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