Le piège des pharisiens
Les pharisiens veulent tendre un piège et un Docteur de la Loi s’adresse à Jésus en lui demandant quel est le plus grand commandement. Jésus répond en citant le Deutéronome: « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit.» Ensuite, il cite le Lévitique: « Et ton prochain comme toi-même.»
Je me suis demandé: « Quel piège Jésus évite-t-il en donnant cette réponse?» Les pharisiens s’attendaient à ce que Jésus dise: « Tu aimeras Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit en observant toutes les prescriptions qui te sont demandées.»
Pour Jésus la seule prescription qui compte c’est l’amour du prochain comme soi-même. Pour Jésus l’amour de Dieu et du prochain ne font qu’un. L’un ne va pas sans l’autre.
Suis-je un pharisien?
C’est en réfléchissant à cette question piège des pharisiens que je me suis aperçu, qu’à certains moments, je ressemblais aux pharisiens.
Quand, par exemple, j’attache plus d’importance à observer des lois, des règlements ou des rituels plus qu’à entrer en communion avec Dieu lors des célébrations. Je ressemble aux pharisiens quand j’attache plus d’importance à suivre mon horaire plus qu’à accepter de perdre du temps pour aider quelqu’un de mal pris.
Je ressemble aux pharisiens quand je dissocie l’amour de Dieu de l’amour du prochain et que je porte sur les autres des jugements comme ceux-ci:
« Ils se vantent d'aider leur prochain mais on les voit jamais à l’église.»
« Ils disent qu’ils vont à l’église, mais on ne les voit jamais s’impliquer à aider les autres.»
« Veux-tu me dire ce que ça donne de faire des prières pour la paix. Il me semble que ça change pas grand chose?»
« Veux-tu me dire ce que ça donne toutes ces pétitions et ces marches pour la paix?»
Amour de Dieu et du prochain
J’ai besoin d’entendre Jésus me dire que l’amour de Dieu et du prochain ne font qu’un. En les unissant, Jésus humanise l’amour de Dieu et divinise l’amour du prochain. Ce que je comprends c’est que l’amour du prochain incarne l’amour de Dieu et que l’amour de Dieu donne une saveur d’éternité à l’amour du prochain.
Lier paix et amour
Quand je lie l’amour de Dieu et du prochain dans ma vie, je vis en paix avec les autres et moi-même. Voici comment j’essaie de comprendre cela dans ma vie.
Amour de Dieu
D’abord l’amour de Dieu. Il y a un mot clé qui me frappe dans la réponse de Jésus c’est le mot Tout qui revient trois fois."De tout ton coeur, de toute ton âme, de tout ton esprit..." c'est-à-dire de tout ton être.
Quand, dans le silence de mon coeur, je tends de tout mon être à l’aimer, je fais bien souvent l’expérience d’être aimé de Lui.
S’aimer soi-même
Cette expérience d'être aimé de Dieu me fait reconnaître l’être d’amour que je suis. M’accepter et m’aimer comme je suis m’apporte une grande paix intérieure.
Aimer les autres
Si je suis habité par l’amour et la paix de Dieu je ne peux pas ne pas m’ouvrir à l’amour des autres parce que j’ai le coeur compatissant de Dieu en moi. Je ne suis plus porter à m’approprier le manteau des autres mais à leur donner le mien. Par exemple je ne puis tolérer qu’un pays riche comme le nôtre dérobe le manteau des richesses naturelles d’un pays pauvre sans m’assurer que l’on lui remet un manteau plus chaud pour se protéger. Gandhi disait: « Que la pire forme de violence est la pauvreté.» Quand je fais reculer les limites de la pauvreté, je travaille à la paix.
Liens entre la semaine et l’eucharistie
Faire l’expérience d’être aimé de Dieu, d’aimer mon prochain comme moi-même donnent un sens profond à ma vie.
En fait, si cette semaine j’ai perçu le visage de Dieu derrière le visage des personnes que j’ai rencontrées, il y a une petite voix qui me dit: « Viens à l'eucharistie rencontrer Celui qui fera grandir ta force d'aimer et ta paix intérieure.»
Et tout au cours de cette eucharistie j’ entendrai cette voix qui m’invitera à partager cette force d'aimer et cette paix à nos frères et soeurs... En fait l’expérience que Jésus me propose par son grand commandement c’est: Aimer les autres autant que je suis aimé par l'Autre...
Le Jeudi Saint, Jésus nous a demandé de faire deux choses en mémoire de Lui: nous nourrir de son être d’amour symbolisé par le pain et le vin et de servir comme Lui nos frères et soeurs.
Dans le silence qui va suivre, laissons le Seigneur nous habiter par son amour et sa paix. Que son amour et sa paix fassent de nous des instruments de son amour et de sa paix.
Article paru le 26 octobre 2008
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