VINGT-HUITIÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

Introduction à la célébration

En cette fin de semaine de l’Action de grâce, Isaïe nous faire part de l’invitation du Seigneur à participer à un festin abondant. De son côté, Jésus, par sa parabole, nous dit qu’un roi marie son Fils et nous sommes invités. Si vous êtes là, c’est que vous avez accepté l’invitation. Nous sommes dans la salle de noces. Il va se passer des choses dans cette salle. D’abord Dieu va nous faire une promesse. Quelle promesse va-t-il nous faire? Il y a aussi des personnes qui risquent d’être expulsées. Pour quelles raisons on les expulserait?

Le festin messianique

Lecture du livre d'Isaïe 25, 6-9

Ce jour-là, le Seigneur, Dieu de l'univers, prépara pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés. Il enlèvera le voile de deuil qui enveloppait tous les peuples et le linceul qui couvrait toutes les nations. Il détruira la mort pour toujours. Le Seigneur essuiera les larmes sur tous les visages, et par toute la terre il effacera l'humiliation de son peuple; c'est lui qui l'a promis.

Et ce jour-là, on dira:

Voici notre Dieu, en lui nous espérions, et il nous a sauvés; c'est lui le Seigneur, en lui nous espérions; exultons, réjouissons-nous: il nous a sauvés!






La vraie richesse dans le Christ

Lecture de la lettre de Paul aux Philippiens 4, 12-14.19-20

Frères,
je sais vivre de peu, je sais aussi avoir tout ce qu'il me faut. Être rassasié et avoir faim, avoir tout ce qu'il me faut et manquer de tout, j'ai appris cela de toutes les façons. Je peux tout supporter avec celui qui me donne la force. Cependant, vous avez bien fait de m'aider tous ensemble quand j'étais dans la gêne. Et mon Dieu subviendra magnifiquement à tous vos besoins selon sa richesse dans le Christ Jésus.
Gloire à Dieu notre Père pour les siècles des siècles. Amen.





Parabole des invités au festin

+Évangile de Jésus Christ selon Matthieu 22, 1-14

Jésus disait en paraboles:

Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs pour appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. Il envoya encore d'autres serviteurs dire aux invités: «Voilà: mon repas est prêt, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés; tout est prêt: venez au repas de noce.» Mais ils n'en tinrent aucun compte et s'en allèrent, l'un à son champ, l'autre à son commerce; les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent.

Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et brûla leur ville. Alors il dit à ses serviteurs: «Le repas de noce est prêt, mais les invités n'en étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des chemins: tous ceux que vous rencontrez, invitez-les au repas de noce.»

Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu'ils rencontrèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives. Le roi entra pour voir les convives. Il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce, et lui dit: «Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce?» L'autre garda le silence. Alors le roi dit aux serviteurs: «Jetez-le, pieds et poings liés, dehors dans les ténèbres; là il y aura des pleurs et des grincements de dents.»

Certes, la multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux.

Participation à un festin et à une noce

En cette fin de semaine de l’Action de grâce, nous participons à ce festin promis par le Seigneur sur sa haute montagne et nous avons accepté l’invitation du roi de la parabole à participer à une noce. Nous sommes dans la salle de noce.

Le rêve d’Isaïe

Dans cette salle de noces, nous portons tous ce rêve d’Isaïe de voir un jour tous les peuples de la terre être rassasiés de viandes grasses et de vins capiteux. Aucun peuple ne souffrira de la pauvreté. N’est-ce pas le rêve de ceux et celles qui se solidariseront le 17 octobre prochain pour souligner la Journée du refus de la misère. Mais ce qui nous fait rêver davantage c’est que la mort ne viendra jamais interrompre ce climat de fête et que parmi les participants il n’y aura personne de triste. Il n’y aura plus de souffrances de deuils, de larmes. Tout le monde sera de bonne humeur. Il n’y aura pas de chicane. Tout va bien se passer.

La promesse de Dieu

Souvent nous avons associé ce texte à ce qui se passera dans l’éternité. Or, Isaïe n’a pas une perspective de festin éternel. Il a une perspective terrestre avec des images concrètes. Isaïe constate que ce sont les oeuvres de mort qui ont brisé l’Alliance du peuple avec Dieu. Ces oeuvres de mort nous les connaissons parce qu’elles sont encore présentes: injustices, haine, guerres... Ce sont ces oeuvres de mort qui entraînent souffrance, deuil et tristesse. C’est là qu’Isaïe affirme la promesse de Dieu de détruire la mort pour toujours: « C’est le Seigneur qui l’a promis.» En mentionnant que la mort sera détruite pour toujours, Isaïe n’a pas en tête la Résurrection de Jésus ou la mort biologique. Ce qu’il appelle mort c’est les oeuvres de mort qui entraînent la rupture d’Alliance avec Dieu. En cette fin de semaine où nous sommes appelés à exercer notre devoir de citoyen, nous aurons à choisir un parti politique. Quel parti politique va le plus réaliser le rêve de Dieu de détruire les oeuvres de mort?

La parabole de Jésus

Par sa parabole sur le Royaume des cieux, Jésus reprend la promesse de Dieu exprimée par Isaïe de détruire la mort pour toujours. Essayons de comprendre cette parabole. Le roi c’est Dieu. Son fils qu’il marie c’est Jésus. La mariée c’est l’humanité, donc nous. La base de l’alliance entre son Fils et nous c’est l’amour. Pas d’amour, pas d’alliance. C’est l’amour qui va détruire la mort, pour toujours. Cette promesse de Dieu se réalise ici à chaque fois que nous célébrons l’eucharistie: « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle qui sera versé pour vous

Invitation à participer aux noces

Aujourd’hui, nous avons accepté l’invitation de participer aux noces de son Fils. Nous aurions pu nous trouver des raisons pour ne pas venir comme les premiers invités de la parabole. Nous sommes là avec ce qui est bon en nous et ce qui est moins bon. Ce qui dérange Dieu en circulant parmi nous ce n’est pas que nous soyons des pécheurs mais que nous refusions de revêtir l’habit de noces.

Revêtir l’habit de noces

Revêtir l’habit de noces c’est revêtir symboliquement le vêtement blanc de notre baptême. Autrement dit « c’est revêtir le Christ » comme le dit saint Paul dans l’une de ses lettres. Revêtir le Christ, c’est dire oui à son amour. Pour le roi qui est Dieu c’est dire oui à l’amour de son Fils comme l’époux et l’épouse lors de l’échange des consentements. Il ne s’agit plus d’assister à un mariage mais de vivre notre propre mariage avec le Christ. À chaque eucharistie, Dieu me pose comme question: « Acceptes-tu l’amour de mon Fils? Acceptes-tu que son amour réalise ma promesse de détruire la mort pour toujours? Acceptes-tu de te laisser revêtir par son amour? Acceptes-tu que le sang qu’il a versé par amour pour toi soit le sang de l’amour, de l’Alliance nouvelle et éternelle?»

Le silence

Garder silence c’est refuser l’amour du Christ. C’est refuser cette communion d’amour. C’est refuser de croire à la promesse de Dieu de détruire la mort pour toujours. Qu’arrive-t-il dans un couple quand l’un, par son silence, refuse l’amour de l’autre? Je pense que ça amène souvent beaucoup de grincements de dents. N’est-ce pas que c’est l’enfer entre eux quand il n’y a plus d’amour? N’est-ce pas l’enfer de ne plus croire à la promesse de Dieu de détruire la mort, les oeuvres de mort pour toujours?

Eucharistie

Aujourd’hui, dans cette salle de noces, laissons-nous revêtir par l’amour du Christ. Disons oui à son amour. En cette fin de semaine de l’Action de grâce, rendons grâce à Dieu de nous avoir donné en mariage son Fils qui nous donne par son pain et son vin sa force d’aimer. Comme dit saint Paul: « Avec celui qui me donne sa force d’aimer, je peux tout supporter.» Ce n’est plus l’enfer dans ma vie quand il y a de l’amour. Dans le temps de silence qui va suivre, reprenons lentement l’extrait du psaume de ce matin: « Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi, ton bâton me guide et me rassure.»

Article paru le 12 octobre 2008





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